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24/11/2007 AddictedCES LIEUX QUI NOUS HABITENT...
Installation "Micro-ondes", par Rogério Reis.
MEP, La Vitrine, 10 oct. / 25 nov. 2007
(Cliché réalisé avec mon téléphone mobile présentant quelques parasites après incrustation... Bof.)
Je ne vous ai jamais caché que l'un de mes lieux parisiens de prédilection est et restera la Maison Européenne de la Photographie (MEP), où je me rends dès que de nouvelles oeuvres s'y donnent à voir.
Je pourrais vous conter la génèse de ma découverte de la rue de Fourcy, vous expliquer comment c'est exactement dans cette rue que j'ai connu mes premiers émois parisiens... Je pourrais vous proposer toutes sortes d'anecdotes autour de mon attirance pour ce lieu vers lequel je reviens inlassablement...
Je ne vous en donnerai qu'une vague idée. Alors que je faisais (exprès) un détour par le Marais pour faire quelques emplettes, il fallait que je me rende à la MEP. C'était une obligation. Un devoir. Plusieurs semaines que je projetais en vain de m'y rendre, occasions manquées pour causes de : jour de fermeture, grèves, travail, recherches d'appartement (désespérément), etc.
Sept expositions. Sept raisons de savourer l'art de la photographie, conjuguée à l'infini : Larry Clark, Livres de nus, Martine Barrat, Choi, Rogério Reis, Martin d'Orgeval, Romain Osi.
Nous avons tous nos habitudes. Des lieux que nous fréquentons systématiquement, abandonnant les milliers d'autres lieux culturels à leur sort. C'est dommage, oui. Mais on s'y sent si bien dans ces espaces. On se les approprie. On finirait presque par s'y sentir chez soi. C'est tellement rassurant quelque part.
Avantage 1 : le prix (6€ tarif plein - 3€ tarif réduit).
Avantage 2 : des expositions originales, la (re)découverte d'artistes/thèmes variés, l'exploration d'un monde visuel aux portes du Paradis.
Avantage 3 : à l'angle rejoignant la rue St Antoine se trouve mon seul vice féminin (les bijoux - plus particulièrement les boucles d'oreilles).
De belles surprises aujourd'hui.
L'exposition Larry Clark, bien sûr, provoque un raz de marrée assez désagréable d'un public adolescent bruyant, arrogant et snob (ce n'est que pur avis personnel, n'en faisons pas un fromage, j'y étais bien, moi aussi, à la MEP cet après-midi...). Ces considérations mises à part, cette exposition des clichés "Tulsa, 1963-1971" par le jeune Larry Clark sont d'une force vibrante. La jeunesse toxicomane de cet homme-adolescent torturé s'étale sur les murs, démonstration quasi-voyeuriste au coeur d'un monde chaotique. Si la vision des seringues pénétrant des veines saillantes en a écoeuré plus d'un, j'ai de mon côté été totalement fascinée par les images de ces pieux ardents. L'image de la veine m'a toujours attirée. J'aime les veines. Je ne sais pas pourquoi... Le titre de ce blog est d'ailleurs un hommage à ces veines qui parcourent mon corps blafard. La trace de l'arbre.
Bref. Une exposition très sympathique et forte, transpirant dans un même effort la fraîcheur et l'insouciance de la jeunesse et l'empreinte suffocante de la mort.
Larry Clark. Tulsa, 1963.
La grande surprise de ma journée (et surtout je dois dire sa plus grande sensation) fut sans doute la découverte de l'oeuvre troublante présentée par Martin d'Orgeval. Ce "Réquisitoire" m'a laissée songeuse et à l'heure où je vous écris ces quelques mots je suis encore totalement impreignée par une sensation étrange mêlée de curiosité malsaine et de fascination morbide. Un lien, là encore avec cette fascination que je porte vers les tourments de la folie, incarnés dans ces photographies de Martin d'Orgeval.
Car c'est d'art brut que l'on parle. Le photographe a immortalisé le Plancher de Jean, être malmené par la vie, entraîné dans un tourbillon de folie, l'ayant conduit à graver ses pensées sur les 16m² de parquet de sa chambre. Pensées tournées vers une réflexion que je partage en partie, à savoir que l'Eglise - et les religions en tous genres, sont responsables des pus grands maux de l'Histoire (je simplifie, pour faire court). Une oeuvre qui m'a donc bouleversée et dont je ne sors pas indemne, à ma plus grande joie.
Touchée, je l'ai été également par les clichés de Martine Barrat. Une grande finesse de description, un grain d'image captant l'indescriptible éclat au creux de l'oeil, l'intemporalité du singulier, la vie.
Tout, j'ai tout aimé, l'Anthologie sur les livres de nus étant finalement ce qui m'a laissée le plus insensible. Intéressant. Frais. Ambiance camp de naturistes. Sans érotisme (ou si peu).
Etc.
A voir! Pour le plaisir des yeux et des sens.
Le mot de la fin...
Fatalement, de la rue de Fourcy à la place de la Nation, de nombreuses tentations s'offrent à soi. Livresques, pour ne citer que mon second péché mignon personnel.
Et à la Librairie Page 189, je trouve tout ce qui me fait envie. Mon porte-monnaie pleure donc ce soir sur les Monstres Invisibles de Chuck Palahniuk, sur Bienvenue à Rovaniemi, de Jari Tervo, mais ce Jamais avant le coucher du soleil de Johanna Sinisalo, puisque Le Maître du Haut Château en a décidé ainsi - K. Dick.
Une note en forme de brouhaha, à l'image de cette journée très agréable.
Good night, sweet dreams.
(N'oubliez pas de regarder la lune, si belle en cette nuit d'hiver. Ronde. Pleine.)
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